A l'occasion de la réunion de la commission des finances de l'Assemblée Nationale du mardi 11 avril, je vous livre mon intervention lors de l'audition de Madame Pécresse (ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l'Etat) et Monsieur Baroin (ministre de l'économie, des finances et de l'industrie) sur le projet de programme de stabilité et de croissance
Madame la ministre, monsieur le ministre,
cette réunion est destinée à justifier des efforts que nous n’aurions
pas dû consentir si vous n’aviez pas dilapidé, par une politique
initiale fautive – je veux parler de la loi TEPA –, des marges de
manœuvre déjà étroites. Je suis de ceux qui considèrent que l’on ne
gouverne qu’à la marge ; encore faut-il savoir utiliser les marges dont
on dispose.
Cette audition s’explique par le calendrier électoral et par une
visée d’affichage plus qu’elle ne constitue la suite logique de nos
travaux. Il s’agit en somme de votre contribution publique, tardive, et
peut-être commandée par le candidat-président, puisqu’elle est ouverte à
la presse, à la campagne pour l’élection présidentielle.
Vous évoquez la règle d’or. Je rappellerai pour ma part l’épisode de
la « cagnotte » des années 2000. À l’époque, vous n’aviez de cesse de
nous demander de rendre l’argent que nous avions selon vous volé aux
Français, les signaux macro-économiques étant repassés au vert et les
recettes fiscales supérieures au produit attendu et voté en loi de
finances initiale, avec le barème de l’impôt sur le revenu. Nous avons
tiré les leçons de cette période et nous sommes d’accord pour considérer
qu’il faut rétablir l’équilibre des finances publiques. Mais nous
constatons, d’une part, pour ce qui concerne le bilan, que vous avez
largement contribué à les dégrader avant de vous lancer à la poursuite
de l’équilibre, et que, d’autre part, pour ce qui est du projet, nous ne
comptons pas actionner les mêmes leviers pour y parvenir.
Pour n’en citer qu’un seul, la maîtrise des dépenses publiques – à
laquelle vous souhaitez associer les collectivités territoriales, qui
assurent une part importante de l’investissement public et sont déjà
étranglées – risque de réduire la commande publique, la croissance et
l’emploi. Décidément, nous ne faisons pas les mêmes choix !